Les mille talents d’une autodidacte insatiable 

Graphiste, photographe, sérigraphe, relieuse : quand on aime, on ne compte pas. Inutile d’énumérer, donc, les casquettes d’artiste que Virginie Cornet a accumulées au fil des années, un peu comme des chapeaux magiques, jonglant avec et les superposant à l’infini, avec élégance et grâce. 

C’est en 2017 qu’elle découvre la gravure. Sa rencontre avec cette technique jusqu’alors inexplorée est une révélation. « J’avais déjà approché différents procédés d’impression, mais je ne connaissais pas la gravure à l’eau-forte. Ma peur de la page blanche a totalement disparu avec ce mode d’expression ».

Eau-forte. Rien que la beauté du nom fait frissonner et aimante curieusement l’attention, comme un secret, une promesse. D’illustres artistes s’y sont essayés, Rembrandt, Degas, Matisse, Picasso, intrigués puis subjugués par ce procédé de gravure en taille-douce. « J’aime énormément le fait que le travail final se révèle une fois passé sous presse. J’ai acheté d’occasion une vraie presse taille-douce. La finesse du trait obtenu est incomparable ! », explique-t-elle en montrant la superbe machine installée dans son petit atelier, au fond de la cour.

C’est là, au calme, que la magie opère. Un travail derecherche puis de composition fascinant, alliant gravure et ajouts de couleurs en papier Chine-collé et carton. Emergent de ce processus des créations étonnantes,subtilement infusées d’univers très particuliers. « J’ai exploré des thèmes comme les grottes, les outils biface, les vases canopes,... Je digère un univers qui me nourrit et qui ressort de différentes façons. C’est de l’expression pure à laquelle vient s’ajouter une vraie dimension de composition».

On le sent, les mondes qui habitent Virginie Cornet ne la quittent jamais. Ils sont comme son désir insatiable d’apprendre, d’expérimenter. Ils sont comme les sources aux ruisseaux, comme les baisers aux amoureux, comme les enfants après la nuit. 

Inépuisables.

Alice Herman